- Événement presse
Intermittents du spectacle : des écarts de salaire toujours au détriment des femmes
Malgré une présence croissante dans les métiers de la culture, les femmes intermittentes du spectacle continuent de percevoir des rémunérations inférieures à celles de leurs homologues masculins. C’est le principal enseignement de l’étude publiée en 2025 par le ministère de la Culture, consacrée aux inégalités salariales dans les secteurs du spectacle vivant et de l’audiovisuel.
Des chiffres qui confirment une inégalité persistante
En 2021, parmi les 73 700 intermittents du spectacle ayant travaillé au moins 428 heures sur l’année, les femmes représentent 37 % des effectifs. Elles sont davantage présentes parmi les artistes (44 %) que parmi les techniciens (35 %), une répartition qui pèse directement sur les niveaux de rémunération. À métier équivalent, les écarts demeurent toutefois significatifs : le salaire horaire moyen des femmes est inférieur de 8 % à celui des hommes, l’écart atteignant 11 % pour le salaire journalier et 8 % pour le revenu salarial annuel.
Ces inégalités ne s’expliquent pas par un moindre engagement professionnel. À nombre d’heures travaillées comparable, les femmes cumulent même davantage de jours de travail sur l’année : 178 jours en moyenne, contre 173 pour les hommes. Elles occupent aussi des postes plus longs, signe d’une certaine stabilité. Mais cette continuité ne se traduit pas par une meilleure rémunération.
L’étude met en lumière un autre facteur déterminant : le réseau professionnel. Les intermittentes travaillent avec un nombre plus restreint d’employeurs et disposent de moins de relations récurrentes, pourtant cruciales dans un secteur où la fidélisation conditionne l’accès aux contrats les mieux rémunérés. En 2021, 35 % des hommes ont travaillé pour au moins six employeurs différents, contre seulement 26 % des femmes.
Les écarts sont particulièrement marqués chez les techniciens, où le salaire horaire des hommes dépasse celui des femmes de 8 %, contre 4 % chez les artistes. Même après prise en compte de l’âge, de la région, du nombre d’employeurs ou du secteur d’activité, une part de l’écart — environ 3 % — demeure inexpliquée, suggérant l’existence de mécanismes discriminatoires persistants.
Dans un secteur souvent perçu comme progressiste, ces résultats rappellent que l’égalité professionnelle reste un objectif lointain. L’étude conclut à la nécessité d’agir sur l’accès des femmes aux postes techniques, à la diversification des employeurs et aux responsabilités, afin de réduire durablement les inégalités salariales dans le spectacle.