(suite de l’article du fap fap n°5 – Mars 2026)
Bande dessinée et industries créatives : un avenir à dessiner en Guadeloupe
Au niveau économique, est-ce qu’au fil du temps, BD, album de jeunesse commencent à être une filière dans les industries culturelles créatives (ICC) ? Sinon, qu’est-ce qui manque ?
Diego : BD et album jeunesse ont déjà leur place dans les industries culturelles (issus des produits de l’édition) ;
s’ajoutent maintenant les industries créatives (spectacle, multimédia…). Cela apporte des croisements bienvenus, de nouveaux supports, par exemple le webtoon (manga à défilement vertical sur téléphone), ou la réalité augmentée (où la page est identifiée comme un QR code pour donner accès à un contenu multimédia complémentaire).
Ce qui manque, c’est de développer ces nouveaux outils, que les auteurs, éditeurs et acteurs du livre apprennent à exploiter et que le public soit curieux de les accueillir…
Quel est le rôle d’un festival tel que Caribulles pour cette filière ?
Matcha : Caribulles permet de mettre en valeur les auteurs locaux en valorisant leur travail à travers des dédicaces, des lectures, des ateliers où ils sont présents ; il permet aussi de sensibiliser la population à l’illustration, la BD et la littérature jeunesse en général.
Au niveau des ICC, on espère que leurs représentants viendront et que cela les inspirera pour utiliser des “créations locales” ; par exemple, on adorerait voir un dessin animé autour de Bombilo !! Il y a du potentiel…
Il y a un secteur en Gwadloup que la BD n’a pas encore vraiment touché, c’est la PUB. Qu’est-ce qui manque ?
Diego : Il m’est déjà arrivé de faire des BD pour la pub (voiture sans permis, construction de maison, données sociales), mais on me demande plus souvent des illustrations que des bandes dessinées.
Flyer, dépliant… j’ai constaté qu’on va facilement éviter de lire un texte brut même court, alors qu’on prend le temps de lire une BD. Donc, il y a du potentiel, mais il manque peut-être un souhait fort d’exploiter ce marché ?
L’IA va-t-elle remplacer un jour les auteurs jeunesse ?
Matcha : L’IA est utile pour vérifier des renseignements, reformuler des explications, corriger des fautes, mais question créativité, le résultat est toujours décevant : les histoires créées par l’IA jusqu’à présent sont facilement identifiables, car le style est quelconque, et l’histoire rarement surprenante… Et surtout, sans émotions… Une histoire vient du cœur des auteurs, cœur que l’IA n’a pas pour le moment…
Diego : Je suis impressionné par l’IA (je focalise mon avis sur l’IA lié à la création visuelle), par les capacités mathématiques entre les mains d’un DJ de l’image. Certes il y a encore des erreurs, ça peut manquer de vie mais ce sont des défis que l’IA relèvera tôt ou tard. Ce n’est pas qu’une grosse vague, c’est un tsunami…
Techniquement, l’IA fait déjà le travail d’un auteur jeunesse, nous remplacera-t-elle ? Je ne pense pas…
Internet a-t-il résolu tous les soucis et remplacé la plupart des emplois ? Certes en partie, mais en créant de nouveaux soucis et de nouveaux emplois.
Les liseuses ont-elles remplacé tous les livres ? …
On vit une période difficile de transition (je la subis pleinement), jusqu’à ce que la dynamique retrouve un équilibre de cohabitation, mais cela peut prendre un certain temps.
La législation doit cadrer la production, l’économie et identifier l’IA, pour ne pas léser une démarche plus puriste du métier.
Mon inquiétude vient de l’homogénéisation de l’IA : cela peut appauvrir la variété ; dans ce cas, la place de l’humain reviendra plus vite… Si l’IA relève aussi ce défi, il faudra endurer plus longtemps…
Retrouvez “Bdim, la voyageuse”, le tome 7 des Rencontres de Bombilo
en librairie ou sur le site de l’éditeur PLB : www.plbeditions.com
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